Les derniers jours de nos pères de Joël Dicker ***°

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Londres, 1940. Soucieux de pallier l’anéantissement de l’armée britannique à Dunkerque, Winston Churchill décide de créer une branche particulière des services secrets, le Special Operations Executive (SOE). Elle lui sera directement rattachée, et chargée de mener des actions de sabotage et de renseignement à l’intérieur des lignes ennemies. Tous ses membres seront issus des populations locales pour être insoupçonnables. Du jamais vu jusqu’alors.

En se lançant dans ce livre, nous sommes très très loin de « la vérité sur l’affaire Harry Québert ».

A tous points de vue. Harry Québert est bien rythmé, du début à la fin, « les derniers jours de nos pères » met du temps à prendre un certain rythme pour ne pas dire un rythme certain.

Le début est un peu longuet, la mise en place des personnages recrutés par le SOE est lente, leur formation semble s’éterniser.

Puis, d’un coup, leur histoire s’accélère au fur et à mesure que les divers protagonistes sont envoyés en France, pendant la guerre.

On les a connus fragiles et innocents, on les suit lorsqu’ils deviennent des hommes et on espère les voir revenir, chacun, les uns après les autres, jusqu’à la libération, jusqu’à ce que d’Hommes, ils acquièrent le statut de Héros. A nos yeux en tous cas, car bien évidemment, ce n’est pas leur sentiment.

Il faut avoir le courage de dépasser une bonne grosse première moitié du livre, certes lente mais nécessaire à la compréhension de chaque protagoniste que l’on va suivre, pour entrer pleinement dans le livre. Et une fois cette partie dépassée, alors on ne lâche plus l’histoire (l’Histoire ?) jusqu’à la fin.

Parce qu’il a une très belle écriture, de très beaux personnages, un vocabulaire que l’on aime, quelques extraits pour finir ce billet :

– Pars, fils, avait-il dit. Cours rejoindre ton père. Ce qui va t’arriver, aucun Homme ne le mérite.
– Les Hommes ne s’enfuient pas.
[…]
Alors Pal avait dévisagé fixement Calland. Dans ses yeux brillait la lumière du courage, ce courage des fils qui font le désespoir de leurs pères.

– Pourquoi tu ne m’appelles jamais Doff ?
– Parce qu’Adolf, c’est un beau prénom. C’est pas parce que Hitler-du-cul t’a piqué ton prénom qu’il faut en changer. Tu sais combien y a d’hommes dans la Wehrmacht ? Des millions. Alors, crois-moi, tous les prénoms du monde sont dedans. Pour un peu que t’ajoutes les collabos et la Milice, notre compte est définitivement bon à tous. Est-ce qu’il faut qu’on s’appelle par des noms que personne n’a salis, comme Pain, Salade ou Papier de chiotte ? T’aimerais que ton gamin s’appelle Papier de chiotte, toi ?

 

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