L’île des oubliés de Victoria Hislop ****

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L’été s’achève à Plaka, un village sur la côte nord de la Crète. Alexis, une jeune Anglaise diplômée d’archéologie, a choisi de s’y rendre parce que c’est là que sa mère est née et a vécu jusqu’à ses dix-huit ans. Une terrible découverte attend Alexis qui ignore tout de l’histoire de sa famille : de 1903 à 1957, Spinalonga, l’île qui fait face à Plaka et ressemble tant à un animal alangui allongé sur le dos, était une colonie de lépreux… et son arrière-grand-mère y aurait péri. Quels mystères effrayants recèle cette île que surplombent les ruines d’une forteresse vénitienne ? Pourquoi, Sophia, la mère d’Alexis, a-t-elle si violemment rompu avec son passé ? La jeune femme est bien décidée à lever le voile sur la déchirante destinée de ses aïeules et sur leurs sombres secrets…

Je suis tombée sur ce livre par hasard, la couverture me plaisait, le descriptif également.

Alors j’ai plongé. Il n’y a pas d’autres mots. J’ai plongé dans le passé d’Alexis, cette jeune fille qui part chercher des réponses à ses interrogations sur sa famille maternelle, le passé de sa mère dont cette dernière refuse de parler.

J’ai découvert Spinalonga, dont j’ignorais, je l’avoue, l’histoire et même l’existence.

Ajoutant à l’histoire romancée d’Alexis, une part historique relative à la première moitié du 20è en Crète, ce livre est fascinant : fascinant par la découverte (en tous cas pour moi) historique de cette léproserie, de cette mise à l’écart d’une partie de la population, de la création d’une micro-société qui devient plus ou moins prospère et son retour parmi les autres avec la guérison.

La quête d’identité d’Alexis n’est finalement que prétexte à nous romancer cette partie de la Grèce et de son histoire. Et c’est tant mieux.

Ce livre est magnifique et bouleversant. A lire évidemment

La Présidente de Farid Boudjellal (Dessinateur) François Durpaire (Scénario)

 

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Mot de l’éditeur:

« Récit de politique fiction retraçant, après l’élection de Marine Le Pen le 7 mai 2017, les neuf premiers mois de sa présidence : la constitution de son gouvernement, ses premières mesures appliquant la préférence nationale, les implications économiques de sa politique de rupture avec l’Union européenne, ses accords secrets avec les Etats-Unis et l’Allemagne, etc »

Voilà une Bande dessinée qui me tentait bien. Je l’ai lue et un sentiment de malaise grandissant m’a saisie au fil des pages. Parce que tout semblait tellement logique tellement certain tellement attendu, qu’on avait l’impression de lire non pas une bande dessinée d’anticipation mais une bande dessinée historique.

Pour qui écoute ou regarde ou lit des interview politiques, pas besoin d’imaginer que c’est François Hollande, François Fillon ou autre qui parlent. Ce sont bien eux, c’est leur voix, ce sont leurs mots qui raisonnent quand on lit le texte.

100 jours qui décrivent un futur cauchemardesque dont la première pierre a été posée par la décision britannique, dans la fiction. Et dans la réalité?

Jouer sur la peur est un grand classique, et qui aboutit au scénario imaginé par Farid Boudjellal et François Durpaire, scénario inspiré par des faits existants, des lois existantes et le projet politique connu de Marine Le Pen.

A titre personnel je préfèrerai que ça reste une œuvre de pure fiction.

Lisez cette BD et faites la lire.

En tout cas personne ne pourra dire qu’il ne savait pas.

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur – Harper Lee ****

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueurLe mot de l’éditeur: « Dans une petite ville d’Alabama, au moment de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Homme intègre et rigoureux, cet avocat est commis d’office pour défendre un Noir accusé d’avoir violé une Blanche. Ce bref résumé peut expliquer pourquoi ce livre, publié en 1960 – au cœur de la lutte pour les droits civiques -, connut un tel succès. Il ne suffit pas en revanche à comprendre comment ce roman est devenu un livre culte aux Etats-Unis et dans bien d’autres pays. C’est que, tout en situant son sujet en Alabama à une époque bien précise – les années 1930 -, Harper Lee a écrit un roman universel sur l’enfance confrontée aux préjugés, au mensonge, à la bigoterie et au mal. Racontée par Scout avec beaucoup de drôlerie, cette histoire tient du conte, de la court story américaine et du roman initiatique. Couronné par le Prix Pulitzer en 1961. »

Ce roman est un hymne à la tolérance. On y voit un homme qui, fort de ses convictions, se bat même contre toute une ville, ou presque, pour une cause qu’il sait perdu d’avance.

Je voulais que tu comprennes quelque chose, que tu voies ce qu’est le vrai courage, au lieu de t’imaginer que c’est un homme avec un fusil à la main. Le courage, c’est de savoir que tu pars battu, mais d’agir quand même sans s’arrêter. Tu gagnes rarement mais cela peut arriver.

Le choix de l’auteur de raconter toute cette affaire par le biais d’une enfant trop jeune pour se rendre compte de ce qui se passe exactement, lui permet de tout raconter sous couvert d’une naïveté enfantine qui rend moins atroce les aspects les plus odieux.

C’est vraiment un livre magnifique, à mettre dans toutes les mains.

En attendant Bojangles – Olivier Bourdeaut ****

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Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur «Mr. Bojangles» de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis.

Celle qui mène le bal, c’est la mère, imprévisible et extravagante. Elle n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères.
Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte. L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom. (Editeur)

 

WOW. Mais quel bonheur. Quelle lecture magique. Quelle puissance du texte. Je me suis laissée totalement emporter par ce tourbillon, cette musique, cette danse, cette folie douce… Jusqu’au bout.

Une révélation pour un premier roman, une TRES grande réussite.

[Défi Goncourt] D’après une histoire vraie – Delphine de Vigan ***

2015-06-jaquette-vigan-histoire-vraie-12_1« Tu sais parfois, je me demande s’il n y a pas quelqu’un qui prend possession de toi. »

C’est peu dire que je ne m’attendais pas à ça !

Mise en abîme captivante et prenante, on plonge avec le personnage dans un thriller psychologique.

C’était mon premier livre de Delphine de Vigan, et j’ai été totalement happée par l’histoire, manifestement autobiographique, écrite d’après une histoire vraie…. à moins que ?

Cette plongée à la suite de l’auteur entre réel et fiction, aurait pu être banale. Ecrire sa dépression, sa perte de repère après un succès littéraire hors norme, imprévu, démesuré.

Delphine de Vigan, sous le patronage de Stephen King qu’elle met en exergue, en fait un exercice très réussi qui mêle un thriller psychologique angoissant, parfois dérangeant, et l’analyse du rapport entre fiction et réel.

C’est un livre qui tient son lecteur, et qu’il faut lire absolument jusqu’à la FIN*.