La déposition de Pascale Robert-Diard ****

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Quand Guillaume Agnelet a quitté la barre, j’ai baissé la tête, je tremblais. Sur mon carnet j’ai griffonné mise à mort d’un homme. Deux jours après la déposition du fils, la cour d’assises a déclaré son père, Maurice Agnelet, 76 ans, coupable de l’assassinat de sa maîtresse et l’a condamné à vingt ans de réclusion criminelle. L’affaire avait trouvé son épilogue judiciaire.
C’était l’histoire d’un secret de famille. Personne n’avait rien su, rien deviné. J’avais la scène sans les coulisses, la lumière sans les ombres. J’ai voulu comprendre. J’ai écrit une longue lettre à Guillaume Agnelet. Et tout a commencé.

 

C’est, peut être, l’épilogue d’une grande saga judiciaire : l’affaire Agnès Le Roux ou Maurice Agnelet, comme bon vous semblera l’appeler.

Cette héritière du Palais de la Méditerranée, disparaît le27 octobre 1977 et ne sera jamais retrouvée. Une enquête criminelle est ouverte, bien que son corps n’ait jamais été découvert, mais tous semblent croire et être persuadés de son décès.

Les soupçons se porteront relativement vite sur un Avocat, Maurice Agnelet, qui plus est, amant de la disparue.

L’enquête menée, les mises en examen, puis les condamnations, ne livrent pas l’intégralité de cette affaire qui semble très rocambolesque, et une part de mystère plane toujours.

Maurice Agnelet a toujours clamé haut et fort son innocence. Et pourtant, il a été condamné par une Cour d’assises.

Et, c’est dans cette audience, devant la Cour d’assises désignée après moults péripéties judiciaires (Cour d’assises, Cour d’assises d’appel, Cour de cassation, Cour européenne des Droits de l’homme) que l’on plonge avec pascale Robert-Diard.

Enfin, on plonge plutôt dans le secret familial qui tient Guillaume, fils de Maurice Agnelet, et que celui-ci après s’être tu pendant des dizaines d’années, a décidé de révéler.

Secret qui le dévore et qu’il finira par livrer alors même qu’il sait que cette délivrance conduira son père en prison.

Pascale Robert-Diard nous livre et nous entraîne dans cette famille, déjà rongée par la mise en cause du père, et qui certainement éclatera après la vérité que livrera le fils.

Cette déposition, livrée par une très jolie plume (mais on est habitués si on est adepte du blog que tient Pascale Robert-Diard ici), semble être l’épilogue d’une très longue saga, livrant une vérité judiciaire. Une part de mystère demeure toujours malgré tout.

Ce livre est captivant par le témoignage livré. A lire donc !

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L’Hermine était pourpre de Pierre Borromée ***

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Quand la justice est plus disposée à ouvrir les parapluies que les portes des prisons…
Assumant le désordre des avocats, le Barreau est une confraternité
Où les robes peuvent cacher les armes
de la vengeance,
Où l’hermine s’ensanglante…

Les « flics » et la basoche s’accorderont toujours sur la blanquette de madame George, payée en renseignements plutôt qu’en espèces. Plus savoureuse, plus précieuse encore pour les enquêteurs, la chance de croiser la meilleure d’entre eux, petite fée exemplaire, maître ès générosité !

Vous aviez demandé la police ? La voici, souvent incomprise, parfois hésitante, ici décisive !

 

Un meurtre, un suspect tout trouvé : son époux, Avocat ! et voici la machine judiciaire qui se met en branle pour prouver qu’il est coupable, ou au contraire, pour l’innocenter.

L’intrigue est convenue et l’on devine assez vite le dénouement. D’où les 3 étoiles et pas plus.

Ce qui est plus appréciable et dont je me suis délectée, ce sont les petites phrases résumant assez bien, je trouve en tous cas, le quotidien des policiers / gendarmes, avocats et magistrats plongés dans le même dossier. Tous en prennent pour leur grade, pour notre plus grand bonheur du coup.

Voici quelques citations qui m’ont fait rire et sourire tellement elles reflètent une réalité judiciaire connue :

« Il espérait encore décrocher son bâton de maréchal : il rêvait de finir dans la peau d’un Procureur général à la tête du parquet d’une cour d’appel de province. L’essentiel de son temps était consacré au calcul des statistiques criminelles que lui réclamait régulièrement une Chancellerie avide de chiffres »

« Coupable ou pas, peu lui importait : il n’allait tout de même pas en plus se poser la question en son âme et conscience. Ses scrupules n’allaient pas jusque là. Il instruisait méthodiquement, et avec un talent redoutable, toujours à charge, en vertu du principe qu’il valait mieux dix innocents en prison, qu’un coupable en liberté ».

« Vous me permettrez de m’étonner, messieurs, que votre justice, dès lors qu’elle se trouve impuissante à élucider un crime, en soit réduite à se tourner contre les victimes, pour les transformer en coupables! »

« Le brigadier chef lui lança :

– Quand je pense que ces couillons de juges et d’avocats vont nous les faire sortir dès demain matin. On se demande à quoi on sert ? Et pourquoi on protège leur Palais hein ? »

 

Deux gouttes d’eau de Jacques Expert ****

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J’aime beaucoup Jacques Expert. Je l’ai découvert il y a quelques années en flânant dans les rayons « policiers » d’une librairie.

Tout naturellement, j’y suis revenue.

Le résumé était alléchant : une femme assassinée, son petit ami clairement identifié et identifiable sur une vidéo-surveillance et la faute rejetée sur un jumeau.

De là naît le nœud de l’histoire : les jumeaux s’accusent mutuellement et sont strictement indifférenciables, comme deux gouttes d’eau !

Alors qui ? Pourquoi ? Comment ? C’est la lourde tâche dévolue à Robert Laforge, divisionnaire chargé de l’enquête.

Et l’on devient Robert Laforge au fil des pages, on se pose des questions, on découvre la personnalité des jumeaux, on se prend à en accuser un pour mieux disculper l’autre et puis, quelques pages plus tard, on fait le cheminement inverse.

Il nous tient en haleine jusque la fin du livre, lequel se dévore en quelques heures tellement l’histoire est prenante.

A lire sans modération donc !

 

L’ordre de Cicéron (BD) ****

      

Cette BD en 4 tomes ne se lâche pas ! Une fois commencée, on veut de suite la finir et savoir …

Un grand cabinet d’avocats new-yorkais veut absolument racheter un grand cabinet d’avocats parisien.

Ce dernier refuse et apprend alors ce qui sera le fil, le noeud de l’histoire : les deux sont liés par une animosité fort ancienne, remontant à leurs grands pères respectifs, d’abord amis puis ennemis jurés. Pire on apprend même que les protagonistes de ces deux cabinets sont ….  Cousins !
Évidemment les inimitiés, pourtant fort vieilles, rejaillissent directement sur le projet de rachat du cabinet parisien mais également sur l’associé qui se retrouve de l’autre côté de la barre, au rang des lis en examens.

Entre la justesse de ton adopté par l’auteur (Me MALKA, Avocat), la restitution parfaite des procédures, et le côté historique liant ces cabinets, tous les ingrédients sont réunis pour que cette BD soit de qualité.

Le coup de crayon, initialement de GILLON, et repris par PONZIO dans le dernier tome, n’y est pas étranger.

Accessible à tous, sans connaître les rouages judiciaires, on se laisse emporter dans ses querelles d’avant-guerre rejaillissant quelques décennies plus tard.

L’amour (fou) pour un criminel de @IsaHorlans ****

 

Elles sont âgées de 20 à 50 ans, elles ont des projets, un mari, une carrière, parfois même la fortune. Pourtant, un jour, sur un coup de tête, elles vont tout plaquer par amour pour un criminel, le plus souvent un tueur en série.

Les condamnés à perpétuité et les pensionnaires des « couloirs de la mort » jouissent d’une aura stupéfiante. La plupart des femmes qui leur écrivent ou les demandent en mariage ne les connaissent même pas, elles ne les ont vus qu’à la télévision ! Mais cela a suffi à provoquer leurs battements de coeur. Comment est-ce possible ? Il existe plusieurs réponses. Chaque liaison est différemment motivée. Voici leurs histoires si singulières…

Elles se prénomment Monique, Béatrice, Stéphanie, Sandrine, Laurence, Patricia, Doreen, Anna… Et, souvent, quand elles évoquent leur attachement, leur expérience, le romanesque l’emporte sur l’apparente absurdité de leur condition.


C’est d’une belle écriture qu’Isabelle Horlans, journaliste et écrivain, vient nous parler de cet amour que d’aucuns qualifieraient de fou.

Ces parcours, ces histoires de femmes essentiellement, mais d’hommes également, sont magnifiquement retranscrits, fournis, détaillés, documentés.

La question, à laquelle aucune réponse sensée ou cartésienne ne peut être apportée, est en filigrane derrière ces parcours amoureux atypiques : comment peut on tomber amoureux de ces criminels ? Qu’ont-ils de si attirant, attractif pour que l’on puisse tirer un trait sur sa vie comme l’on gommerait un mauvais trait de crayon à papier ?

Parle que là réside l’intrigue : comprendre ou tenter de comprendre, comment un « monstre », tueur, violeur, pedophile ou assassin, peut faire naître ce sentiment dans le cœur de ces personnes.

L’attraction du mal (du mâle?), le côté mauvais garçon, la liaison impossible, l’amour impossible seraient autant de réponses sans qu’une seule ne puisse être la vérité.

De liaisons épistolaires en premières rencontres aux parloirs, cet amour est parfaitement décrit. Nulle folie n’apparaît dans l’histoire des ces hommes et femmes, si ce n’est à considérer ce sentiment amoureux et fougueux comme pure folie alors.

Ce livre se dévore, non seulement parce que la plume est belle et le travail parfaitement fourni, mais surtout parce qu’Isabelle Horlans nous plonge dans les méandres des sentiments que tout homme a, même les plus cruels, même ceux que l’on juge malsains, même les plus sanguinaires (et du coup je vous invite par ce petit clin d’œil à lire egalement, dans un autre registre Les Sanguinaires, du même auteur).

Isabelle Horlans n’a pas la prétention de tirer de conclusions de ses recherches, de ses entretiens avec les principaux intéressés mais egalement de ses entretiens avec des professionnels, psychiatres ou autres. Et c’est tant mieux car de conclusions ou de raison il ne peut y avoir, à mon sens.

L’amour à ses raisons que la raison ignore…

Telle pourrait être la conclusion.

Pour avoir un autre avis, mon copain @PJ_un_jour en parle sur le 15cpp.fr juste ici