California girls – Simon Liberati

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« En 1969, j’avais neuf ans. La famille Manson est entrée avec fracas dans mon imaginaire.  J’ai grandi avec l’image de trois filles de 20 ans  défiant les tribunaux américains, une croix sanglante gravée sur le front. Des droguées… voilà ce qu’on disait d’elles, des droguées qui avaient commis des crimes monstrueux sous l’emprise d’un gourou qu’elles prenaient pour Jésus-Christ. Plus tard, j’ai écrit cette histoire le plus simplement possible pour exorciser mes terreurs enfantines et j’ai revécu seconde par seconde le martyr de Sharon Tate. » (Editeur) 

 

J’ai encore essayé Liberati. Et je ne peux décidément pas.

Je ne sais même pas pourquoi, au final. Peut-être que je ne suis plus objective. Le style, la langue, la violence toujours, il écrit comme on crache ce qu’on a trop longtemps laissé enfoui.

Je ne suis pas allé au bout, je dois à l’honnêteté de le préciser.

 

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Au commencement du septième jour – Luc Lang

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4 h du matin, dans une belle maison à l’orée du bois de Vincennes, le téléphone sonne. Thomas, 37 ans, informaticien, père de deux jeunes enfants, apprend par un appel de la gendarmerie que sa femme vient d’avoir un très grave accident, sur une route où elle n’aurait pas dû se trouver.
Commence une enquête sans répit alors que Camille lutte entre la vie et la mort. Puis une quête durant laquelle chacun des rôles qu’il incarne : époux, père, fils et frère devient un combat. Jour après jour, il découvre des secrets de famille qui sont autant d’abîmes sous ses pas.
De Paris au Havre, des Pyrénées à l’Afrique noire, Thomas se trouve emporté par une course dans les tempêtes, une traversée des territoires intimes et des géographies lointaines.Un roman d’une ambition rare. (Editeur) 

Deuxième lecture du #DéfiGoncourt2, et retour au polar pour moi après de nombreuses années loin du genre, à de rares exceptions près.

Une lecture sous tension, avec un style particulier. La première partie est haletante, la deuxième intense. La troisième m’a laissée incertaine.

Je crains de ne pas être aussi convaincue par ce livre que ce que j’espérais.

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Une lecture en partenariat avec NetGalley

L’Affaire Léon Sadorski – Romain Slocombe

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« Le pire des salauds, le meilleur des enquêteurs.
Avril 1942. Au sortir d’un hiver rigoureux, Paris prend des airs de fête malgré les tracas de l’Occupation. Pétainiste et antisémite, l’inspecteur Léon Sadorski est un flic modèle doublé d’un mari attentionné. Il fait très correctement son travail à la 3e section des Renseignements généraux, contrôle et arrête les Juifs pour les expédier à Drancy. De temps en temps, il lui arrive de donner un coup de main aux Brigades spéciales, d’intervenir contre les  » terroristes « .
Mais Sadorski est brusquement arrêté par la Gestapo et transféré à Berlin, où on le jette en prison. Le but des Allemands est d’en faire leur informateur au sein de la préfecture de police… De retour à Paris, il reçoit l’ordre de retrouver son ancienne maîtresse, Thérèse Gerst, mystérieuse agent double que la Gestapo soupçonne d’appartenir à un réseau antinazi. »

C’est le premier des 16 sélectionnés pour le Prix Goncourt que je lis dans le cadre du #DéfiGoncourt2 avec Sophie . Il fait partie de ceux qui dès la communication de la liste m’avait tenté. Léon Sadorski est un personnage sombre comme il y en a eu tant sous l’occupation, sans scrupule, abjecte. Un enquêteur méticuleux, qui mettra ses talents avec un zèle dramatique au service de l’occupant nazi….

L’auteur et l’éditeur préviennent :  « Ni l’auteur ni l’éditeur ne cautionnent les propos tenus par le personnage principal de ce livre. Mais ils sont le reflet de son époque, comme ils peuvent présager celles qui nous attendent. Car « le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde ».

Romain Slocombe livre un roman sombre, entre fiction et réalité historique très documentée et parfaitement rendue.

Je vais m’y mettre – Florent Oiseau **

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Fred, la petite quarantaine, surfe sur l’écume des jours. Après des années à enchaîner jobs alimentaires et périodes de chômage, il a renoncé à faire carrière. Il passe désormais ses journées à dormir, manger des Knacki devant les émissions de Sophie Davant et boire des demis au bistrot du coin en attendant l’amour.

Jusqu’au moment où il découvre qu’il arrive en fin de droits, et que ses maigres allocations disparaîtront bientôt. Il n’a plus le choix : il doit s’y mettre. Un emploi salarié ? Il n’en trouvera pas. Mais des ennuis, oui. Fred, par paresse ou naïveté, a une fâcheuse tendance à se laisser glisser dans les embrouilles…

De Paris à Malaga, Je vais m’y mettre nous embarque pour une série d’aventures drolatiques en compagnie d’un personnage aussi attachant que désabusé. Une comédie d’aujourd’hui où, derrière les éclats de rire, se dessine le devenir de la génération précaire. (Editeur) 

Le pitch était séduisant ! Les critiques sont dithyrambiques, voyez plutôt :

« Dans cette tragicomédie corrosive, Florent Oiseau dresse le portrait sans fard d’une société à l’absurde esprit de compétition. » Livres Hebdo

« Quel style, quel humour ! Un bail que je n’avais pas autant ri. » Libraire Périgourdin (Babelio)

 

« Derrière la loufoquerie, un premier roman gouailleur et incroyablement maîtrisé. » Magazine Néon

« L’ouvrage le plus désinvolte de la rentrée et assurément l’un des plus drôles. » AFP

Si le ton est en effet décalé et volontiers gouailleur, il l’est presque à la caricature. Cependant il a le bon goût d’être original et d’apporter un vent de légèreté et de causticité dans cette rentrée littéraire très sérieuse. Et ça, ce n’est pas le moindre de ses atouts.

Sans rire aux éclats, j’ai souri, et j’ai fini par m’attacher à cet anti-héros.

Si je lui ai trouvé des imperfections de style, je les pardonne volontiers à un premier roman. Et puis la fin est réussie, et ce n’est pas si fréquent !

 

Les mots entre mes mains – Guinevere Glasfurd ***

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Helena Jans van der Strom n’est pas une servante comme les autres. Quand elle arrive à Amsterdam pour travailler chez un libraire anglais, la jeune femme, fascinée par les mots, a appris seule à lire et à écrire. Son indépendance et sa soif de savoir trouveront des échos dans le coeur et l’esprit du philosophe René Descartes. Mais dans ce XVIIe siècle d’ombres et de lumières, leur liaison pourrait les perdre. Descartes est catholique, Helena protestante. Il est philosophe, elle est servante. Quel peut être leur avenir ?
En dévoilant cette relation amoureuse avérée et méconnue, Guinevere Glasfurd dresse le portrait fascinant d’une femme lumineuse, en avance sur son temps, et révèle une autre facette du célèbre philosophe français.
Un roman de passion et de liberté qui nous plonge dans une fresque envoûtante des Pays-Bas au « siècle d’or », à la manière de La Jeune Fille à la perle. (Editeur, 4ème de couverture)

La vie privée du grand René Descartes, voilà un sujet qui changeait dans cette rentrée littéraire ! J’ai été immédiatement intriguée et tentée. Et cette envie a été largement confortée par MissAlfie, que je remercie ici !

C’est avec plaisir que j’ai accompagné Helena dans 10 ans de sa vie, ces années où elle a vécu une romance avec le philosophe français. Racontée à la première personne, cette histoire moderne en plein XVIIème siècle est celle d’une femme qui veut plus, d’un homme qui ne veut pas assez, et d’un amour qui les dépasse.

S’il s’agit d’un premier roman, la base historique est réelle, et le sens de la narration mêle avec réussite histoire et littérature. Derrière Helena et sa vie de servante, Descartes et ses angoisses, c’est toute l’époque qui apparait en filigrane, ses codes, ses règles, ses ombres.

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Une lecture en partenariat avec NetGalley et Préludes.