Étrange suicide dans une Fiat rouge à faible kilométrage – L. C. Tyler ***

 

On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Lorsque son ex-femme, Géraldine, disparaît, Ethelred décide donc de mettre à profit ses talents de détective pour la retrouver. Petit problème : les connaissances en criminalité d’Ethelred, écrivain professionnel, proviennent de romans policiers tout droit sortis de son imagination qui, depuis un moment, s’est, elle aussi, volatilisée. Quoi de mieux, pour retrouver l’inspiration, qu’une enquête grandeur nature ? De fausses pistes en révélations renversantes, la réalité dépasse de loin la fiction… (Éditeur) 

J’ai, sans en connaître la cause, une passion pour les titres aussi longs qu’alambiqués. 

Forcement celui-là m’avait sauté à l’œil. 

Au moment d’attaquer sa suite, merveilleusement intitulé « Homicides multiples dans un hôtel miteux des bords de Loire » (et dont je vous parlerai), je profite pour vous mentionner le premier, qui m’avait beaucoup plu. 

Un style original pour un simili-polar décalé et bien fichu. 

Il en respecte tous les codes, pour les détourner et en faire un objet litteraire propre. 

J’ai été séduite par les personnages, et agréablement surprise par la construction de l’intrigue. 

La petite pointe d’humour anglais réhausse plaisamment un roman réussi.

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Expo 58 – Jonathan Coe ***

 

 

Londres, 1958. Thomas Foley dispose d’une certaine ancienneté au ministère de l’Information quand on vient lui proposer de participer à un événement historique, l’Exposition universelle, qui doit se tenir cette année-là à Bruxelles. Il devra y superviser la construction du Pavillon britannique et veiller à la bonne tenue d’un pub, Le Britannia, censé incarner la culture de son pays. Le jeune Foley, alors qu’il vient de devenir père, est séduit par cette proposition exotique, et Sylvia, son épouse, ne voit pas son départ d’un très bon oeil. Elle fera toutefois bonne figure, et la correspondance qu’ils échangeront viendra entrecouper le récit des nombreuses péripéties qui attendent notre héros au pays du roi Baudouin, où il est très vite rejoint par de savoureux personnages : Chersky, un journaliste russe qui pose des questions à la manière du KGB, Tony, le scientifique anglais responsable d’une machine, la ZETA, qui pourrait faire avancer la technologie du nucléaire, Anneke, enfin, l’hôtesse belge qui va devenir sa garde rapprochée… 

Coe embarque le lecteur dans une histoire pleine de rebondissements, sans que jamais la tension ne retombe ou que le ridicule ne l’emporte. Sous la forme d’une parodie de roman d’espionnage, il médite sur le sens de nos existences et dresse le portrait d’un monde disparu, l’Angleterre des années 1950, une société tiraillée entre une certaine attirance pour la liberté que semble offrir la modernité et un attachement viscéral aux convenances et aux traditions en place. (éditeur)  

Autant je suis restée mitigée sur « Testament à l’anglaise », autant j’ai adoré celui-ci. 

L’humour anglais de Jonathan Coe fait mouche sur un fond d’histoire d’espionnage ondustriel un peu loufoque. 

Très bon moment de lecture.