Comment les grands de ce monde se promènent en bateau – Mélanie Sadler ***

Un vieux prof d’Histoire précolombienne, Davier Leonardo Borges, rendu soudain fringant par une mystérieuse découverte ; son collègue stambouliote qui fouine dans les mosquées à la tombée de la nuit ; un manuscrit turc du XVIe siècle dans lequel, anachronisme insensé, une déesse aztèque se pavane ; et un sultan, Suleyman le Magnifique, qui confie pour la première fois son terrible secret. Leur point commun ? Etre au coeur d’une incroyable supercherie dont la révélation pourrait bien changer notre regard sur l’Histoire officielle. 

Des couloirs de l’université de Buenos Aires au palais de Topkapi, entre parchemin codé et crypte secrète, Mélanie Sadler mêle avec beaucoup de virtuosité fantaisie littéraire et roman d’aventure. Ce livre emprunte aussi bien à Borges qu’à Hergé dans le seul dessein de nous mener tous sacrément en bateau. (Éditeur) 

C’est la couverture qui m’a attirée. Le profil de l’auteur aussi. 27 ans, premier roman.

Et puis voyager de Tenochtitlan à Topkapi, c’est une offre qui ne se refuse pas.

Si les personnages principaux sont finalement secondaires, c’est l’Histoire le premier personnage de ce roman.

Et si … On s’était trompé ? Si on nous avait trompé ? Et si les grands de ce monde avaient parcouru les océans …?

L’écriture est dynamique, la narration parfois légèrement déroutante, mais il y a un vrai plaisir à lire cette langue moderne et tonique.

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Je vous écris dans le noir – Jean-Luc Seigle ****

je-vous-ecris-dans-le-noir-9782081292406_0J’aurais pu commencer par du léger.

J’aurais pu commencer par du drôle.

Je vais commencer par du beau. Par du fort. Par du grand.

Par mon coup de coeur de ce début 2015.

1961. Après avoir vu La Vérité de Clouzot, inspiré de sa vie et dans lequel Brigitte Bardot incarne son rôle de meurtrière, Pauline Dubuisson fuit la France et s’exile au Maroc sous un faux nom. Lorsque Jean la demande en mariage, il ne sait rien de son passé. Il ne sait pas non plus que le destin oblige Pauline à revivre la même situation qui, dix ans plus tôt, l’avait conduite au crime. Choisira-t-elle de se taire ou de dire la vérité ? Jean-Luc Seigle signe un roman à la première personne où résonnent les silences, les rêves et les souffrances d’une femme condamnée à mort à trois reprises par les hommes de son temps. (éditeur) 

Un destin, une femme brisée, bafouée, une chronique du système judiciaire de l’après-guerre en filigrane, une incroyable envie de vivre, contre tout, contre tous. Et du désespoir.

J’ai été émue, touchée, révoltée tour à tour.

Je suis restée charmée, par la plume, par le talent, par le verbe. Jean-Luc Seigle, par la voix de Pauline Dubuisson, signe un texte magnifique.

Sublime.

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